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RDC: La Belgique condamnée à indemniser les victimes de ségrégation du Congo-Belge à la hauteur 50.000€

RDC: La Belgique condamnée à indemniser les victimes de ségrégation du Congo-Belge à la hauteur 50.000€

C’est un sourire-plutôt une joie immense qui se lit sur les visages de Simone Ngalula, Monique Bitu Bingi, Léa Tavares Mujinga, Noelle Verbeeken et Marie-José Loshi-victimes de la ségrégation durant la colonisation au Congo belge en 1918-1960. La Cour d’appel de Bruxelles a, dans un arrêt de ce lundi 2 décembre, condamné l’État belge à indemniser ces victimes pour le dommage moral résultant de la perte de leur lien à leur mère et de l’atteinte à leur identité et à leur mère et de l’atteinte à leur lien à leur milieu d’origine, rapporte le média belge RTBF, consulté par BETO CD

En réformant le jugement prononcé en première instance, en 2021, dans ce procès, la Cour d’appel de Bruxelles a estimé que l’enlèvement des enfants métis au Congo, organisé par l’État belge, lorsque celui-ci avait la tutelle « est un acte constitutif d’un crime contre l’humanité », en vertu de principes de droit international.

Par conséquent, l’État belge est condamné à indemniser toutes ces victimes à hauteur de 50.000€. D’après la Cour, ces cinq femmes ont été enlevées à leur mère respective sans l’accord de celle-ci, avant l’âge de 7 ans, par l’État belge en exécution d’un plan de recherche et d’enlèvement systématique des enfants nés d’une mère noire et d’un père blanc élevés par leur mère au Congo belge, uniquement en raison des leurs origines.

Selon les informations rapportées par RTBF, aujourd’hui, ces femmes se sentent reconnues dans leurs souffrances et leur parcours de vie très difficile. Simone Ngalula parle d’une «enfance qui a été bafouée. On avait un papa et une maman, on nous a enlevés». Léa Tavares Mujinga parle, elle, d’une «vie brisée, complètement brisée».

Lorsqu’elles sont enfants, au Congo belge, rappelle la même source, elles sont considérées comme tous les autres enfants métis comme les enfants de la honte et du péché. Entre 1948 et 1961, l’ordre était donné d’enlever les enfants métis à leur famille le plus tôt possible et de les confier à des institutions religieuses. Arrachés à leur famille, les pistes étaient ensuite brouillées pour qu’ils ne puissent plus retrouver leurs proches. Leur nom était changé et ils étaient déplacés dans d’autres régions du pays.

À l’indépendance du Congo, indique la RTBF, les institutions religieuses où vivent ces enfants enlevés sont fermées. Certains enfants sont envoyés en Belgique pour être adoptés, d’autres sont abandonnés à leur sort. Léa Tavares Mujinga : «À l’indépendance, quand les sœurs sont parties, on a été abandonnées. J’étais à plus de 1000km de ma mère, abandonnée dans la rue, sans rien». Monique Bitu Bingi, elle, sera victime de sévices imposés par des miliciens : «J’avais 3 ans et demi. Je me souviens de tout comme si c’était hier».

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