Santé mentale : phénomène « Mpuku amemi congélateur », le Dr Hervé Mutinzumu Nansua alerte sur les risques encourus par la jeunesse
Une alerte sanitaire est lancée autour d’une préparation communément appelée « Mpuku amemi congélateur », dont la consommation inquiète particulièrement en raison d’un mélange abusif des médicaments auprès des jeunes dans la ville de Kinshasa.
Dans une lettre ouverte adressée notamment à la Première ministre, au ministre de la Santé publique, aux autorités sanitaires ainsi qu’aux parents et éducateurs, le Dr Hervé Mutinzumu Nansua appelle à une réaction rapide des pouvoirs publics face à cette pratique.

Une préparation composée notamment de diazépam, tramadol, cyproheptadine et prométhazine, auxquels s’ajouterait un autre produit dont la composition reste à déterminer.
Le médecin souligne toutefois qu’une analyse pharmaceutique et toxicologique est indispensable pour établir scientifiquement la composition exacte du produit et les quantités utilisées. Cette précaution est importante : à ce stade, la lettre constitue avant tout une alerte appelant à des investigations, et non la conclusion d’une expertise toxicologique.
L’inquiétude tient notamment à l’association de plusieurs médicaments susceptibles d’altérer le système nerveux central. Le diazépam, la prométhazine et la cyproheptadine peuvent notamment provoquer une somnolence et une diminution de la vigilance, tandis que le tramadol présente, en cas d’usage excessif, des risques de dépendance, de troubles de conscience, de dépression respiratoire et de convulsions.
Pour le Dr Mutinzumu, le problème ne se limite pas aux conséquences immédiates d’une consommation excessive. La répétition de ces usages pourrait favoriser une dépendance et affecter la concentration, la mémoire, le jugement et le comportement des jeunes.
Il évoque également des conséquences sociales possibles, notamment l’échec ou l’abandon scolaire, les conflits familiaux, les accidents, les violences ou encore la rupture du projet de vie.
Face à cette situation, le Dr Mutinzumu demande notamment une investigation sanitaire et épidémiologique sur la circulation et la consommation de cette préparation, ainsi qu’une analyse toxicologique et pharmaceutique des produits vendus ou consommés sous cette appellation.
Il recommande également un renforcement de la surveillance du détournement des médicaments à des fins récréatives, des campagnes de sensibilisation dans les écoles et universités, une meilleure information des parents et éducateurs et le renforcement de la prise en charge des intoxications médicamenteuses dans les structures sanitaires.
« Ne pas attendre le décès pour réagir »
À travers cette lettre, le médecin veut surtout provoquer une réaction préventive. Il refuse de faire de son alerte une accusation contre la jeunesse et appelle plutôt les autorités, les professionnels de santé, les familles et les établissements d’enseignement à agir avant une éventuelle amplification du phénomène.
« Notre jeunesse ne doit pas devenir le laboratoire d’une nouvelle forme de toxicomanie », écrit-il, tout en présentant sa démarche comme un appel à la prévention, à la vigilance et à l’action.
L’enjeu est désormais de vérifier scientifiquement ce que recouvre réellement l’appellation « Mpuku amemi congélateur », d’établir l’ampleur de sa circulation et d’identifier les éventuelles complications déjà observées. Une démarche qui permettrait de passer de l’alerte aux faits établis et, le cas échéant, de mettre en place une réponse sanitaire adaptée.
Chadrack Katshunga W.
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