Budget 2026 : Adolphe Muzito présente un collectif budgétaire de 21,9 milliards USD devant l’Assemblée nationale
L’Assemblée nationale a déclaré recevable, ce jeudi 11 juin, le projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026 présenté par le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, au nom du gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa.
Le texte prévoit un budget équilibré en recettes et en dépenses de 50.295 milliards de francs congolais, soit environ 21,9 milliards de dollars américains. Comparé au budget initial de 54.336 milliards de FC, il accuse une baisse de 7,4 %, principalement en raison de la diminution des ressources extérieures estimée à 42 %.

Malgré cette contraction, le gouvernement met en avant une amélioration de la mobilisation des recettes internes, qui progressent de 6,9 %. Les recettes courantes passent ainsi de 14,4 à 15,2 milliards de dollars américains, générant près de 740 millions de dollars supplémentaires destinés notamment au financement des salaires, des investissements publics, des transferts et des dépenses exceptionnelles.
Devant les députés nationaux, Adolphe Muzito a souligné que ce collectif budgétaire intervient dans un contexte marqué par les efforts diplomatiques du président Félix Tshisekedi face à la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC. Il a également évoqué les sanctions américaines visant le Rwanda et les rebelles du M23.

Le gouvernement s’appuie par ailleurs sur des indicateurs macroéconomiques jugés encourageants. La croissance économique est désormais projetée à 5,6 % contre 5,3 % initialement, tandis que l’inflation reste contenue à 3,5 % en moyenne annuelle. L’exécutif attribue également la stabilité du franc congolais à la bonne tenue des cours du cuivre et du cobalt sur les marchés internationaux.
Les dépenses prioritaires restent orientées vers la défense et la sécurité, avec un soutien accru aux Forces armées de la RDC et à la Police nationale congolaise. Les infrastructures figurent également parmi les secteurs privilégiés, notamment les routes, les aéroports, les chemins de fer ainsi que les projets de logements pour les policiers et l’amélioration des conditions de vie des militaires.
Le gouvernement entend aussi poursuivre ses programmes en faveur de l’emploi et de l’entrepreneuriat des jeunes. Sur le plan fiscal, il vise une pression fiscale de 12,5 % en 2026 contre 12,3 % dans le budget initial, avec l’ambition d’atteindre 17 % à l’horizon 2035.
projet de loi prévoit enfin la mobilisation de nouvelles ressources pour financer des investissements structurants, notamment à travers une première émission d’eurobonds évaluée à 650 millions de dollars américains.
À l’issue du débat général, les députés nationaux ont jugé le texte recevable et l’ont renvoyé à la Commission économique et financière pour examen avant son adoption définitive.
Felicien Dingishi
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