Insécurité et tuerie des ADF dans l’Est de la RDC : l’ancien gouverneur Carly Nzanzu propose une nouvelle stratégie dans une lettre adressé au Président Tshisekedi
Face à la recrudescence des attaques attribuées aux rebelles ADF dans l’Est de la République démocratique du Congo, le député national Carly Nzanzu Kasivita a adressé une lettre au Président Félix Tshisekedi afin de proposer de nouvelles approches pour lutter contre l’insécurité persistante dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri.
Dans cette correspondance datée du 4 juin 2026, l’ancien gouverneur du Nord-Kivu estime que la stratégie militaire actuellement déployée contre les ADF montre ses limites face à un adversaire dont les méthodes reposent davantage sur l’infiltration, les embuscades et les attaques ciblant les populations civiles.

Selon lui, l’une des priorités consiste à adapter les opérations militaires à cette réalité en privilégiant une approche davantage axée sur la guerre asymétrique.
« Les ADF n’opèrent pas comme une armée conventionnelle. La stratégie militaire actuelle doit s’adapter au mode opératoire des terroristes qui privilégient l’infiltration, les embuscades et les attaques ciblées contre les civils », souligne l’élu de Beni.
La seconde proposition porte sur l’implication des communautés locales dans le dispositif sécuritaire. Carly Nzanzu plaide pour la mise en place de structures de défense locale ou de police de proximité, encadrées par l’État.

« L’ennemi s’infiltre dans les failles géographiques. Il devient donc vital de doter la population de groupes d’autodéfense qui doivent être encadrés et structurés par l’État afin d’éviter des désordres préjudiciables à la sécurité publique », a-t-il affirmé.
Pour le député, ces mécanismes permettraient de renforcer la surveillance des zones vulnérables régulièrement exploitées par les rebelles pour mener des incursions dans les villages et quartiers.
Dans sa lettre, l’ancien gouverneur dresse également un bilan préoccupant de la violence attribuée aux ADF. Il affirme que plus de 15 000 personnes ont été tuées depuis 2014 dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri. À ces pertes humaines s’ajoutent de nombreux blessés, disparus et d’importants dégâts matériels, notamment des habitations, véhicules et motos incendiés.
Cette démarche intervient alors que l’état de siège demeure en vigueur dans les deux provinces. Malgré ce régime d’exception, les attaques continuent d’être signalées dans plusieurs localités, notamment à Beni-ville, Beni-territoire, Mbau, Ngadi et Boikene.
Pour Carly Nzanzu Kasivita, une réorientation de la stratégie sécuritaire s’impose afin de neutraliser durablement la menace que représentent les ADF dans l’Est du pays.
Son appel intervient au lendemain d’une nouvelle attaque à Beni, où trois civils ont perdu la vie dans une incursion attribuée aux ADF, ravivant l’inquiétude des populations locales face à la persistance de l’insécurité.
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