Les habitants de Rutshuru obtiennent des rebelles du M23 un répit de deux semaines pour accéder à leurs champs
Une lueur d’espoir émerge pour les agriculteurs du groupement de Binza, en territoire de Rutshuru, après que les rebelles du M23 ont annoncé une permission temporaire d’accès aux champs. Cette décision, effective depuis le lundi 25 août, offre aux civils un délai de deux semaines pour récolter leurs cultures, une activité vitale qui leur avait été interdite pendant une période indéterminée.
Les habitants de cette région du Nord-Kivu, dont la survie dépend principalement de l’agriculture, ont été coupés de leur source de subsistance. Selon des sources proches du M23, cette restriction visait à éviter toute confusion avec les rebelles rwandais des FDLR, qui opèrent également dans la zone. Les civils, souvent non différenciés des combattants, étaient perçus comme une menace potentielle, justifiant ainsi l’interdiction d’accès.
Cette situation a aggravé la crise humanitaire dans un territoire déjà marqué par des décennies de conflit. Le groupement de Binza a été le théâtre d’un massacre choquant, où plus de 300 personnes ont perdu la vie, soulignant la violence et l’instabilité qui sévissent dans la région.
Pour la population locale, cette autorisation de deux semaines est une bouffée d’air frais, mais elle reste une solution de courte durée. Un habitant a déclaré, sous le couvert de l’anonymat, que bien que soulagée, la population espère une prolongation de ce délai. « L’agriculture est notre seul moyen de survie », a-t-il insisté, exprimant le souhait d’une solution plus durable qui leur permettrait de travailler leurs terres en toute sécurité et sans contraintes.
Alors que les agriculteurs de Binza se précipitent pour récolter leurs produits, la question demeure : cette permission limitée est-elle le signe d’une accalmie plus large ou simplement un sursis éphémère avant le retour des tensions ? La population, prise entre la violence et la faim, continue de plaider pour la paix et la sécurité afin de pouvoir subvenir à ses besoins fondamentaux.
Daniel Michombero
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