La journée ddu premier août à Kinshasa : Le cimetière de Kintambo, entre occupation anarchique, dépotoir et enterrements clandestins des corps sont empilés, des tombeaux sont éventrés et superposés
Lieu de repos et de mémoire, le cimetière de Kintambo, situé dans la commune de Ngaliema, est aujourd’hui au cœur d’une grave crise. Entre constructions illégales, dépôts d’ordures et inhumations en désordre, ce site funéraire emblématique de la capitale perd peu à peu sa dignité.
Un cimetière envahi et transformé en dépotoir
Le constat est alarmant. Des maisons, des restaurants de fortune, des terrains de football et même des étals de vendeurs ont pris place à l’intérieur du cimetière.
Pire encore, depuis février 2026, une partie du site a été transformée en véritable décharge publique. Des sacs d’immondices et des déchets de toute nature sont déversés directement sur les tombes.
« Comment un être humain sain d’esprit peut-il aller déverser des déchets ménagers dans un cimetière? » s’indigne un habitant.
Des enterrements dans l’anarchie
Officiellement fermé depuis la fin des années 90, le cimetière de Kintambo continue pourtant d’accueillir des dépouilles. Des enterrements clandestins s’y déroulent « au vu et au su de tout le monde », souvent avec la complicité de certains agents locaux.
Faute de place, des corps sont empilés, des tombeaux sont éventrés et superposés. Cette situation rend difficile la reconnaissance des sépultures pour de nombreuses familles.
Quid des « fausses communes »?
À ce jour, aucune « fosse commune » massive n’a été officiellement signalée au cimetière de Kintambo. Le cas le plus médiatisé reste celui de Maluku/Fula-Fula en mars 2015, où 421 corps avaient été enterrés secrètement par les forces de sécurité.
À Kintambo, il s’agit plutôt d’un entassement de corps lié au manque d’espace et au désordre généralisé dans la gestion du site.
Une réglementation bafouée
Selon la loi, un cimetière ne peut être désaffecté qu’après 10 ans suivant la dernière inhumation. Pour le chef de division de l’Environnement de Kinshasa, ce délai est même de 50 ans. Pourtant, à Kintambo comme à Kinsuka, les inhumations se poursuivent malgré les fermetures officielles.
Les appels à l’action
Face à cette profanation, les voix s’élèvent. Habitants et associations demandent aux autorités municipales d’assainir d’urgence le site, de renforcer la sécurité et d’interdire formellement le dépôt des ordures.
Le respect dû à ce « lieu sacré, où reposent à jamais nos frères et sœurs » est aujourd’hui bafoué. Sans intervention rapide, le cimetière de Kintambo risque de disparaître complètement sous le poids de l’incivisme et de l’anarchie.
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