Évasion à la prison de Bulungu : la société civile du Kwilu réclame une enquête indépendante pour garantir la vérité
Au lendemain de la visite du vice-gouverneur de la province du Kwilu, le Professeur Espoir Masamanki, à la prison de Bulungu, la société civile du Kwilu réitère son appel à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale afin d’établir les responsabilités dans l’évasion massive survenue le 12 juillet 2026.
Lors de sa descente sur le terrain, le vice-gouverneur avait demandé aux autorités politico-administratives ainsi qu’aux services compétents de poursuivre les enquêtes en cours et d’en faire rapport au gouvernement provincial, tout en soulignant la nécessité de faire toute la lumière sur les circonstances de cette évasion.

Si cette volonté est saluée, elle ne dissipe toutefois pas les inquiétudes de la société civile.
Pour les acteurs citoyens, confier exclusivement les investigations aux services locaux, dont certains pourraient être concernés directement ou indirectement par les faits, risque de fragiliser la crédibilité des conclusions. Ils estiment qu’au regard des précédentes enquêtes administratives menées dans des dossiers similaires, la population est en droit de s’interroger sur la fiabilité du rapport qui sera finalement produit.

« Nous saluons la volonté affichée par le vice-gouverneur de voir la lumière être faite. Cependant, notre préoccupation demeure entière : les enquêtes conduites uniquement par les services étatiques locaux permettront-elles d’établir toute la vérité ? Le rapport qui sera transmis à la province sera-t-il suffisamment indépendant, objectif et crédible pour convaincre l’opinion publique ? », s’interroge la société civile du Kwilu.
L’organisation rappelle qu’elle avait, dès les premières heures ayant suivi l’évasion, demandé la mise en place d’une commission d’enquête indépendante et impartiale, capable de travailler à l’abri de toute pression afin d’établir les responsabilités à tous les niveaux.

Au-delà des circonstances de l’évasion, la société civile souhaite également que les investigations portent sur les tirs qui ont coûté la vie à trois détenus et à un policier, ainsi que sur les conditions de détention dénoncées depuis plusieurs années : surpopulation carcérale, insalubrité, vétusté des infrastructures et insuffisance des dispositifs de sécurité.
Pour les acteurs de la société civile, seule une enquête indépendante, associant éventuellement les institutions nationales compétentes, les organisations de défense des droits humains et d’autres acteurs crédibles, permettra de restaurer la confiance de la population, de rendre justice aux victimes et de prévenir la répétition de tels drames.
En attendant les conclusions des investigations annoncées par les autorités provinciales, la population de Bulungu reste dans l’expectative et espère que cette affaire ne connaîtra pas le sort de nombreux dossiers qui, faute d’enquêtes suffisamment transparentes, n’ont jamais permis d’établir clairement les responsabilités.
Share this content:



Laisser un commentaire