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Éducation en RDC : Déscolariser les filles enceintes, une avancée ou une source de confusion ?

Éducation en RDC : Déscolariser les filles enceintes, une avancée ou une source de confusion ?

Le 14 juillet 2025, une note circulaire signée par le Secrétaire général a.i. du Ministère de l’Éducation nationale et Nouvelle Citoyenneté, Alexis Yoka La Pulunangu, a suscité de vives réactions au sein de l’opinion publique. Ce document officiel enjoint tous les établissements scolaires de la République Démocratique du Congo à garantir le maintien des filles enceintes à l’école, sans aucune forme de discrimination ni sanction liée à leur état.

Selon cette circulaire, l’exclusion des élèves enceintes va à l’encontre des principes fondamentaux du droit à l’éducation, tels que garantis par la législation congolaise et les engagements internationaux du pays.

Si certains saluent une avancée significative vers une éducation inclusive, d’autres y voient une source d’interrogations morales, sociales et pratiques quant à sa mise en œuvre concrète.

Au cours de nos entretiens, une majorité de Congolais interrogés considèrent cette décision comme un signe de légèreté de la part du ministère de tutelle. Certes, la loi garantit une « éducation pour tous », mais selon eux, la question éthique et morale ne peut être éludée.

Par ailleurs, d’un point de vue juridique, cette décision ministérielle ne constitue nullement une entorse aux lois en vigueur. Bien au contraire, elle s’inscrit dans le strict respect de plusieurs textes légaux. La Constitution de la RDC, en son article 43, garantit le droit à l’éducation pour tous, sans distinction. La Loi n°11/001 du 13 juillet 2011 relative à l’enseignement national affirme que l’instruction est ouverte à tous les Congolais, indépendamment de leur sexe ou de leur condition sociale. De plus, la Loi sur la protection de l’enfant (n°06/015 du 12 juin 2006) impose à l’État de garantir l’accès à l’école pour tout enfant, sans exclusion.

Sur le plan international, la RDC est signataire de plusieurs traités, dont la Convention relative aux droits de l’enfant (ONU) et la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant, qui proscrivent toute forme de discrimination, y compris celle liée à une grossesse. La circulaire du ministère ne fait donc qu’acter, noir sur blanc, ce que les textes juridiques garantissent depuis plusieurs années.

En définitive, la décision de scolariser les filles enceintes ne saurait être réduite à une simple source de confusion. Elle constitue avant tout une avancée sur le plan des droits humains, en affirmant l’égalité d’accès à l’éducation pour toutes, sans distinction. Toutefois, sa réussite dépendra de la sensibilisation des communautés, de l’encadrement psychosocial des élèves concernées et de l’engagement des établissements à créer un environnement scolaire inclusif, respectueux et responsable. C’est donc à la fois un progrès juridique et un défi sociétal majeur.

Martin Tadiya

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