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Le Monde : De Téhéran à Goma, la RDC prend la parole dans un monde à feu et à sang

Le Monde : De Téhéran à Goma, la RDC prend la parole dans un monde à feu et à sang

C’est une prise de position qui interpelle, venue d’un pays lui-même en guerre. Ce 23 juin 2025, la République Démocratique du Congo a condamné les frappes ayant visé le Qatar. Une condamnation diplomatique, certes, mais dont la portée dépasse largement les frontières du Golfe. Car derrière cette déclaration, c’est un monde en tension – et un Congo en feu – qui se dévoile.

Retour sur les faits :

Tout commence, ou plutôt tout s’enflamme à nouveau avec la guerre larvée entre l’Iran et Israël, deux ennemis jurés du Moyen-Orient. Après une escalade meurtrière à Gaza et en Syrie, les tensions franchissent un nouveau cap. Israël intensifie ses offensives. L’Iran réplique. Les États-Unis, allié historique d’Israël, bombardent à leur tour des sites nucléaires iraniens.

Riposte immédiate : l’Iran frappe des cibles stratégiques au Qatar, où l’armée américaine est massivement présente. Doha, neutre mais exposé, encaisse les coups. Et voilà que la RDC s’invite dans le débat de positionnement sur le chéquier international ou les grandes puissances Nucléaire se battent.

Kinshasa dénonce… mais parle aussi d’elle-même

Par son communiqué officiel, Kinshasa s’insurge contre la violation de la souveraineté Qatarie. Mais difficile de ne pas y voir une mise en miroir avec sa propre situation : un pays agressé, lui aussi, par un voisin – le Rwanda, et ses milices de l’AFC/M23, accusés de terrorisme et de crimes de guerre dans l’Est du Congo.

Et ironie de l’Histoire ? C’est justement le Qatar qui assure la médiation entre Kinshasa et ces groupes armés.

Quand la diplomatie se croise, les conflits se reflètent

Le Qatar devient ainsi une zone-tampon entre les feux croisés mondiaux, tout en tentant de jouer les équilibristes. Son rôle de médiateur est salué… mais questionné. Peut-on défendre la paix ailleurs, tout en fermant les yeux sur des alliances ambiguës ici ?

Quant à la RDC, sa voix prend du poids. Loin de se contenter d’être spectatrice, elle interpelle les grandes puissances sur les deux poids deux mesures en matière de souveraineté : “Si le Qatar mérite qu’on le défende, pourquoi pas nous ?”

Chronique d’un monde fracturé

Ce que révèle cette sortie diplomatique, c’est un monde où les lignes de front ne sont plus uniquement géographiques, mais morales et politiques. Qui est victime ? Qui est agresseur ? Qui parle vraiment de paix, et qui ne fait qu’en prononcer le mot entre deux frappes ciblées ?

En dénonçant les frappes contre le Qatar, la RDC se positionne, mais surtout, elle s’affirme. Comme victime, mais aussi comme acteur. Comme un pays du Sud global qui refuse le silence imposé par la realpolitik des grandes puissances.

À Kinshasa, on parle de paix. Mais la paix n’est pas un discours. C’est une exigence. Universelle. Non négociable.

Aristote Diakisila.

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