RDC-Marche de l’opposition contre le changement de la constitution: un membre de l’ECIDé introuvable !
La C64, Coalition regroupant plusieurs partis politiques de l’opposition en République Démocratique du Congo, a organisé, le mardi 15 septembre 2026, à Kinshasa, une marche pour protester contre les velléités du pouvoir en place de changer la Constitution afin, selon elle, d’offrir un troisième mandat au Président Félix Tshisekedi. Elle avait comme itinéraire principal de la place échangeur de Limete, comme lieu de départ, jusqu’au boulevard triomphal, devant le siège de l’ECIDé, parti politique de l’opposant Martin Fayulu, comme lieu de chute.

Les choses ne se passeront malheureusement pas comme prévues. Pendant que les manifestants marchaient, arrivés au niveau de la 10e rue, dans la commune de Limete où se trouve le siège de l’UDPS, parti au pouvoir, une altercation soudaine va éclater entre les militants dudit parti et ceux de l’opposition. Une véritable rixe qui se soldera par plusieurs blessés et un mort, Mardochée, chargé de sécurité du président de l’ADD, Prince Epenge. Pendant ce temps, un militant de l’ECIDé, répondant au nom de Sabena Bolia Franck, d’une trentaine révolue, sera pris à partie par les forces du progrès, une milice de l’UDPS sans foi ni loi qui terrorise toute voix contraire à la vision du pouvoir en place.
Voici le témoignage d’un des manifestants qui connaît bien Franck:
« Le 15 septembre, Franck avait répondu à l’appel de son parti politique, ECIDé, de participer à la marche contre le changement de la Constitution, le troisième mandat de Félix Tshisekedi et la balkanisation du pays. Cette marche n’ira malheureusement pas jusqu’à l’endroit prévu, le boulevard triomphal, devant le siège de son parti. Pendant la marche, arrivés à la 10e rue, les forces du progrès vont barricader la route et commencer à frapper les membres de l’opposition avec des machettes. Lui, personnellement, ils l’ont pris à partie et l’ont frappé en présence des témoins et ses camarades du parti dont celui qui nous a livré ce témoignage », raconte l’un des membres de sa famille.

L’un des manifestants avec qui il était enlevés et qui a réussi à s’échapper raconte qu’ils les ont frappés avec des morceaux de bois Jusqu’à les traîner au siège de leur parti politique. Pour les punir, l’un d’eux va uriner dans une bouteille et les forcer de boire ces urines. Pendant qu’il avait mis la bouteille pleine d’urines sur leurs bouches, l’un des membres de la milice va lui interdire de le faire en ces termes: « Tika bango, kosala bango bongo te, baza rwandais te, baza kaka bandeko na biso Bâ congolais malgré aza opposant. Ndenge tobeti bango ekoki, to tika bango. (Ne leur fais pas ça, laisse-les, il ne sont pas des rwandais, ils sont nos frères congolais bien qu’appartenant à l’opposition. Nous les avons déjà suffisamment frappés, ça suffit, libérons-les) ».
* »C’est donc grâce à ce jeune homme que je ne connaissais pas que j’ai été libéré le même soir. Dieu seul sait pourquoi il n’a pas permis que je sois tué ce jour-là. Comme qui dirait : « même parmi les méchants, il existe de moins méchants ». Quant à Franck, comme il était résistant vis-à-vis de nos bourreaux, il a été retenu et je ne sais pas quel sera son sort, a déclaré l’un des manifestants qui a requis l’anonymat pour des raisons de sécurité.

Visiblement, Franck et son camarade ne seraient pas les seuls à avoir subi cette barbarie. Martin Fayulu, président de l’ECIDé, a également raconté comment il a été sauvé de justesse de la barbarie des force du progrès de l’UDPS avant d’atteindre la ville où ses partisans l’attendaient après l’interruption de la marche au niveau de Limete.
Bref, Franck Sabena Bolia reste introuvable deux jours après la marche organisée par la C64. Sa famille s’inquiète et est fortement mobilisée afin de le retrouver.
Reagan Kabeya
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