RDC : Ados Ndombasi appelle à l’unité de l’opposition face au régime Tshisekedi
L’ancien député congolais Ados Ndombasi a lancé un appel appuyé à la cohésion des forces d’opposition face au pouvoir du président Félix Tshisekedi, dénonçant à la fois la fragmentation persistante des opposants et le durcissement sécuritaire observé ces derniers mois en République démocratique du Congo.
Dans une prise de position rendue publique, Ndombasi revient sur les échecs cumulés de l’opposition depuis 2018. L’ancien élu vise notamment la « fraude électorale massive » qui, selon lui, a entaché la présidentielle de 2018, puis l’incapacité à dégager un candidat commun lors des pourparlers de Johannesburg en 2023, ouvrant ainsi « un boulevard » à la reconduction du chef de l’État sortant. Ces erreurs successives, affirme-t-il, ont fragilisé la contestation et réduit sa capacité d’alternance.
Crainte d’une dérive répressiveDans son analyse, Ndombasi dresse un constat alarmant sur l’intensification de la répression contre les voix dissidentes. Il évoque des « arrestations arbitraires, tortures et musellement » visant militants, cadres politiques et acteurs associatifs, en violation des libertés garanties par la Constitution.
Ces pratiques, selon lui, s’inscrivent dans un climat de verrouillage politique qui menace l’espace démocratique congolais.« Une opposition désunie ne peut faire face à un système qui s’organise », insiste Ndombasi, pour qui l’urgence n’est plus idéologique mais stratégique.
L’ancien député exhorte ainsi les opposants à dépasser « les ego » et les divergences personnelles pour se concentrer sur un objectif commun : la défense de l’État de droit et l’alternance démocratique.
Un conclave à Kinshasa et un avertissement aux ÉglisesPour sortir de l’impasse, Ndombasi propose la tenue rapide d’un conclave d’opposition à Kinshasa. Cette rencontre, juge-t-il, doit permettre de construire une feuille de route partagée, de clarifier les positions et de consolider un front politique unique capable de peser sur le débat national.
L’ancien parlementaire met également en garde les évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) et de l’Église du Christ au Congo (ECC) contre l’hypothèse d’un nouveau dialogue national si l’opposition demeure fragmentée. Selon lui, une telle initiative ne bénéficierait qu’à des ambitions individuelles, au détriment d’un véritable compromis politique un message de mobilisation.
Dans un paysage politique marqué par la défiance interne et la résilience du pouvoir en place, l’appel d’Ados Ndombasi vise à réactiver la notion de « lutte collective » au sein de l’opposition. Reste à savoir si cette démarche parviendra à briser l’inertie et les clivages qui ont, jusqu’ici, entravé toute dynamique unitaire.
Chadrack Katshunga W.
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