Des sénateurs démocrates veulent contraindre Trump à réintégrer l’OMS face à l’épidémie d’Ebola
Un groupe de douze sénateurs démocrates américains, conduit par la sénatrice Jeanne Shaheen, a présenté le 25 juin 2026 la « Epidemic Barrier and Outbreak Leadership Act » (loi EBOLA). Ce texte vise à obliger le président Donald Trump à réintégrer l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et à reprendre immédiatement la coopération avec l’organisation afin de répondre à la grave épidémie d’Ebola qui frappe la République Démocratique du Congo et l’Ouganda.
Cette initiative intervient alors que l’épidémie a dépassé les 1 000 cas confirmés en seulement deux mois, ce qui pourrait en faire la plus importante flambée d’Ebola jamais enregistrée. La riposte sanitaire est compliquée par le conflit armé dans l’est de la RDC entre les forces congolaises et le M23, soutenu par le Rwanda, qui limite l’accès des équipes humanitaires aux populations touchées.
Les sénateurs estiment que le retrait des États-Unis de l’OMS, devenu effectif en janvier 2026, ainsi que les importantes réductions de l’aide étrangère américaine, ont affaibli la capacité de Washington à contribuer à la lutte contre cette urgence sanitaire mondiale. Ils rappellent que l’OMS et les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies coordonnent actuellement la réponse internationale.
En parallèle, Jeanne Shaheen, le chef de la minorité démocrate au Sénat Chuck Schumer et plusieurs de leurs collègues ont adressé une lettre au secrétaire d’État Marco Rubio. Ils lui demandent d’autoriser immédiatement le département d’État, les Centres américains de contrôle et de prévention des maladies (CDC) et les autres agences fédérales à collaborer avec l’OMS.
Dans leur courrier, les sénateurs alertent sur la rapidité de la propagation du virus, soulignant qu’« un mois seulement après la déclaration de l’épidémie, plus de 1 000 cas suspects et confirmés ainsi que des centaines de décès présumés ont déjà été recensés », contre seulement une quarantaine de cas au même stade de l’épidémie d’Afrique de l’Ouest en 2014.
Ils estiment qu’une dérogation permettant aux agences américaines de travailler avec l’OMS faciliterait le partage d’informations, de ressources et la coordination des efforts internationaux afin de contenir rapidement l’épidémie.
De son côté, l’administration Trump justifie le retrait des États-Unis de l’OMS par ce qu’elle considère comme des défaillances de l’organisation dans la gestion de la pandémie de COVID-19. L’OMS rejette ces accusations, affirmant avoir agi sur la base des meilleures données scientifiques disponibles et regrettant une décision qui, selon elle, affaiblit la sécurité sanitaire mondiale.
Chadrack Katshunga W.
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