Accord RDC RWANDA : « Ne pas se limiter aux cessez-le-feu, il faut traiter les causes profondes » (Massad Boulos)
Le conseiller principal américain pour l’Afrique, Massad Boulos, a pris la parole ce jeudi 25 septembre 2025 à New York pour faire le point sur le processus de paix entre le gouvernement congolais et le mouvement M23. Face à la presse, il a tenu à souligner « la dynamique encourageante » en cours à Doha, sous l’égide du Qatar, tout en appelant à regarder au-delà des accords immédiats pour s’attaquer aux racines du conflit.
Un conflit de trois décennies
« Nous parlons d’une crise qui dure depuis plus de trente ans », a rappelé M. Boulos, chiffrant les pertes humaines à « probablement six ou sept millions de personnes ». Il a dit partager la préoccupation du président congolais Félix Tshisekedi sur l’ampleur des violences, tout en évitant de s’engager sur les termes employés par Kinshasa. « Qu’on l’appelle génocide ou autrement, des millions de vies ont été perdues après le génocide rwandais. »
Des premiers pas concrets à Doha
Le responsable américain a rappelé les étapes franchies ces derniers mois : la signature d’une Déclaration de principes en juillet, suivie par un mécanisme d’échange de prisonniers facilité par le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).
« Cet accord, entre le M23 et le gouvernement congolais, a été formalisé à Doha et confié au CICR pour l’identification, la vérification et la libération sécurisée des détenus », a-t-il expliqué.
Doha, en tant que médiateur, y voit une avancée significative vers une paix durable. Un nouveau cycle de négociations devrait d’ailleurs s’ouvrir « dans les prochains jours », selon les autorités qataries.
Aller au-delà des cessez-le-feu
Pour Massad Boulos, il ne s’agit pas seulement de gérer l’urgence militaire, mais aussi de poser les bases d’une solution politique.
« La Déclaration de principes du 12 juillet identifie neuf grands domaines. Certains pourront être réglés rapidement, d’autres prendront des années », a-t-il précisé, citant notamment la gouvernance, la décentralisation et la réintégration des combattants du M23 dans la société congolaise, que ce soit dans l’armée ou à travers des structures locales de gouvernance.
Il a salué le rôle du Qatar dans l’élaboration d’un projet de texte de paix, désormais sur la table des négociateurs.
Interrogé sur l’éventualité d’un sommet à Washington, M. Boulos a démenti toute annonce officielle :
« Nous n’avons jamais fixé de date. Le président Trump a mentionné à plusieurs reprises la possibilité d’un événement à la Maison-Blanche, mais rien n’est confirmé. »
Mais pour qu’un véritable accord de paix prenne racine, insiste Washington, il faudra s’attaquer aux causes profondes d’un conflit qui ensanglante l’est du Congo depuis trois décennies.
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