RDC : Delly Sesanga lance une offensive politique contre le bilan de Tshisekedi et met en garde contre toute révision constitutionnelle
Prononcé ce samedi 21 mars à Kinshasa, le discours de Delly Sesanga marque une nouvelle étape dans la contestation du pouvoir en place. L’opposant a livré une critique directe du bilan du président Félix Tshisekedi, rappelant que son second et dernier mandat expire dans 946 jours.

Sur le plan économique, Delly Sesanga dresse un constat préoccupant. Il affirme que la masse salariale de la fonction publique est passée de 450 à près de 1 000 milliards de francs congolais par mois depuis la réélection de 2023. Rappelons que, selon lui, cette charge représente jusqu’à 50 % des recettes courantes, ce qui réduit fortement la marge de manœuvre de l’État.
L’opposant dénonce également un recours excessif aux procédures d’urgence dans l’exécution des dépenses publiques.
Notons qu’il évoque une dette publique dépassant les 13 milliards de dollars et un État qu’il qualifie « d’hypertrophié et asphyxié », contraint d’emprunter via les bons du Trésor pour payer les salaires.
Sur le plan sécuritaire, Delly Sesanga condamne l’agression rwandaise et exige le retrait de toutes les forces étrangères du territoire congolais. Cependant, il insiste sur le fait que cette situation ne doit pas servir de justification aux insuffisances du pouvoir. Il s’interroge notamment sur l’utilisation des 13,65 milliards de dollars alloués à la défense depuis 2019, au regard d’une insécurité persistante dans l’Est du pays.

Le point le plus sensible de son intervention concerne la question d’une éventuelle révision constitutionnelle. Delly Sesanga qualifie cette initiative de « haute trahison » et s’appuie sur l’article 64 de la Constitution pour appeler les citoyens à défendre l’ordre constitutionnel.
L’opposant lance un appel à l’unité de l’opposition, de la société civile et même de certains membres de l’Union sacrée. Il invite ces acteurs à se mobiliser autour de la défense de la Constitution en perspective des élections prévues en 2028.
Felicien Dingishi
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