Journée Nationale de l’Agronome 18 septembre 2026, à Buta, les agronomes du Bas-Uélé dénoncent une prime à 5.000 FC et lancent un SOS au Gouvernement
« Ensemble avec l’agronome pour vaincre la faim ». C’est sous ce thème que l’Antenne du Bas-Uélé de l’Ordre National des Ingénieurs Agronomes (ONIA) a célébré ce vendredi 18 septembre 2026 la Journée Nationale de l’Agronome à Buta.
Un discours choc, prononcé par le Président Provincial, le Doctorant Ir Victor NANYONZI MABONDA, qui dresse le tableau d’une profession oubliée au cœur d’une province au potentiel agricole gigantesque.

110 agronomes identifiés, prêts à servir
Premier bilan positif : le travail d’assainissement mené par l’ONIA Bas-Uélé a permis d’identifier plus de 110 professionnels de la terre dans la province.
- 30 agronomes de niveau A0 (Ingénieurs d’État), qualifiés, prêts pour la prestation de serment et l’inscription au Tableau de l’Ordre
- 80 techniciens et praticiens de niveaux A1, A2 et A3, enregistrés pour le Registre de l’Ordre
Un capital humain que le Président Provincial dit prêt à être mobilisé pour concrétiser la vision du Chef de l’État Félix Tshisekedi, la « revanche du sol sur le sous-sol », indispensable alors que plus d’un Congolais sur cinq souffre d’insécurité alimentaire. Le cri de cœur : 5.000 FC de prime et des bottes dans la boue. Mais le ton est vite devenu revendicatif. L’orateur a décrit la réalité rude de l’agronome dans le Bas-Uélé :

« Être agronome dans le Bas-Uélé aujourd’hui, c’est quitter le confort des bureaux, enfiler ses bottes, braver la boue et parcourir des kilomètres à moto sur des routes de desserte agricole quasi impraticables ».
Au-delà des routes, c’est la situation socioprofessionnelle qui est dénoncée comme humiliante. Alors que les textes prévoient une prime de technicité décente, la rémunération de l’agronome en province est tombée à des niveaux dérisoires oscillant entre 5.000 FC et 21.000 FC.
Pire : la prime de technicité, coupée des listes de paie depuis 2018, a été rétablie dans d’autres provinces, mais le Bas-Uélé demeure oublié.

Victor Nanyonzi a cité le cas symbolique de Bambesa, où l’Inspecteur de l’Agriculture s’est vu délogé de sa résidence au profit du médecin du territoire.
« Où est la dignité de l’agronome ? Comment pouvons-nous exiger une révolution agricole agressive de la part de cadres privés de leur dignité fondamentale ? La régularisation n’est pas une faveur, c’est une urgence nationale. »
4 revendications claires à Kinshasa et à Buta
Pour que l’agronome joue son rôle, l’ONIA Bas-Uélé recommande :
- Le rétablissement immédiat de la prime de technicité bloquée depuis 2018 et le rehaussement des conditions de traitement
- La réhabilitation urgente des voies d’évacuation et des routes de desserte agricole, sans lesquelles l’effort paysan est voué à l’échec
- L’appui logistique de proximité : motos, kits de terrain et semences améliorées pour la saison A qui commence
- L’application stricte de la loi sur l’ONIA, en réservant la gestion des projets agricoles provinciaux aux seuls ingénieurs agréés et assermentés.

L’allocution s’est terminée par des hommages appuyés au Président Tshisekedi, au Ministre d’État à l’Agriculture Muhindi Nzangi Butondo, au Président National de l’ONIA Ir Isaac Issumo Bombula, et au Gouverneur du Bas-Uélé.
Des remerciements spéciaux ont été adressés au partenaire GTCRR et son coordonnateur Jean-Baudouin Bakwikpani qui loge l’ONIA, à l’Honorable Jean-Trésor Ngea Dala, au Dr Serge Nimo, au Sénateur Eddy-Pascal Sinango.
Share this content:


Laisser un commentaire